Courant 2025, on a analysé le trafic SEO de plusieurs clients dans des secteurs ultra-compétitifs. Un dossier nous a particulièrement interpellés : un site de voyance en ligne qui cartonnait sur Google depuis des années.
Top positions sur les requêtes principales, excellent trafic organique, site techniquement irréprochable.
Sauf que leur trafic avait commencé à baisser. Pas une pénalité Google. Pas de problème technique. Le site était nickel.
En creusant, on a compris : leurs prospects n’utilisaient plus Google de la même manière.
Avant, quelqu’un tapait “voyance” et cliquait sur plusieurs sites différents pour comparer.
Maintenant, cette même personne pose sa question à ChatGPT : “Je cherche une voyante sérieuse, spécialisée en amour, qui fait du tarot de Marseille, disponible en soirée, tarif raisonnable – tu me recommandes qui ?”
Et ce traffic qui passe par chatGPT se traduit par une baisse des requêtes et une lecture qui se perd.
Voilà pourquoi on doit parler de l’après-SEO. Pas parce que Google meurt (il se porte très bien, merci), mais parce que le comportement de recherche change.
Le problème avec “l’optimisation ChatGPT”
Le problème avec “l’optimisation ChatGPT”
Soyons clairs : vous ne pouvez pas “optimiser pour ChatGPT” comme vous optimisez pour Google, même si les mécanismes sont différents.
ChatGPT (et les autres LLMs) ont deux modes de fonctionnement :
1. Mode de base : Le modèle utilise uniquement les données sur lesquelles il a été entraîné – un énorme corpus de contenu web collecté jusqu’à sa date de coupure (janvier 2025 pour GPT-4). Votre nouveau contenu publié après cette date ? Il ne le “voit” pas directement.
2. Mode web search : ChatGPT (via SearchGPT), Perplexity et autres peuvent accéder au web en temps réel et chercher des informations récentes. Là, votre contenu peut être trouvé et cité.
Mais même en mode web search, ça ne fonctionne pas comme Google :
- Pas de “ranking factors” clairs
- Pas de Search Console pour suivre vos performances
- Pas de garantie d’indexation
- Les critères de sélection et de citation sont opaques
Alors pourquoi tout le monde parle d'”optimisation ChatGPT” ? Parce que c’est vendeur. Mais c’est le mauvais angle.
Ce qui change vraiment (et ce qu’on observe chez nos clients)
Chez Donutz, on gère les campagnes Google Ads et SEO pour des dizaines de clients B2B et B2C. Ce qu’on observe depuis plus d’un an sur plusieurs secteurs :
Le trafic organique global reste globalement stable ou baisse légèrement. Mais la nature du trafic change.
Prenons notre analyse sur le secteur de la voyance – un marché ultra-digitalisé, hyper concurrentiel :
Comportement “avant” (2022)
Un utilisateur cherche “voyance amour” sur Google.
- Il clique sur plusieurs résultats différents
- Il compare rapidement les tarifs/offres
- Il prend une décision rapide
- Taux de rebond élevé
- Conversion faible
Comportement “maintenant” (2024-2025)
Ce même utilisateur pose sa question à une IA conversationnelle :
- “Je cherche une voyante sérieuse pour des questions sentimentales, qui pratique le tarot de Marseille, disponible en soirée, moins de 50€ la consultation”
- Il affine sa demande sur plusieurs échanges
- Il obtient une short-list de quelques noms
- Il ne visite QUE ces sites-là
Résultat observé : moins de trafic brut, mais un trafic beaucoup plus qualifié. Les gens qui arrivent sont déjà dans une phase de décision avancée.
La bataille n’est plus “comment générer plus de clics”. C’est “comment être dans la short-list que l’IA va recommander”.
Ce qui compte vraiment pour être cité par une IA
On a passé plusieurs mois à tester avec l’équipe. Pas avec des théories, mais en posant des centaines de questions à ChatGPT, Perplexity, Claude et Copilot sur les secteurs de nos clients, dont la voyance.
Ce qui ressort :
11. L’autorité aide, mais ce n’est pas le seul critère
Les IA citent régulièrement des marques établies avec présence média, mais pas exclusivement.
Pour la voyance, on a testé de nombreuses requêtes différentes. Ce qu’on observe :
- Les plateformes mentionnées dans la presse apparaissent souvent
- Mais des sites moins connus avec du contenu de qualité sont aussi cités
- Des praticiens indépendants sans grosse présence média peuvent apparaître s’ils ont du contenu pertinent
Plusieurs de nos clients bien positionnés sur Google n’apparaissent jamais dans les recommandations IA. D’autres, plus petits, sont parfois cités.
Ce qu’on en déduit : l’autorité médiatique aide clairement, mais la qualité et la pertinence du contenu comptent aussi. Ce n’est pas aussi binaire que le PageRank de Google.
La vraie différence ? Les IA semblent valoriser le contenu utile et bien structuré autant que l’autorité de la source. Un petit site avec une excellente FAQ peut battre un gros site avec juste des pages commerciales.
2. Le contenu FAQ/conversationnel performe mieux que les pages commerciales
Les pages “voyance en ligne 24h/24” ou “meilleure voyante de France” ne servent à rien pour les IA.
Ce qui marche : du contenu qui répond à des questions précises, dans un format dialogue naturel.
Il est plus pertinent de créé une section “Questions fréquentes” très détaillée :
- “Comment savoir si un voyant est sérieux ?”
- “Quelle est la différence entre tarot de Marseille et Oracle ?”
- “Combien de temps dure une consultation de voyance ?”
- “Peut-on consulter un voyant pour des questions professionnelles ?”
- “Comment se préparer à une consultation ?”
Des dizaines de questions avec des réponses longues, écrites de manière pédagogique.
3. Les signaux externes comptent (mais pas comme le SEO)
Les backlinks SEO classiques – vous savez, les liens de footer d’annuaires pourris – ne servent à rien ici.
Ce qui compte pour les IA : les mentions, les comparatifs, les avis détaillés.
On a analysé les sources que Perplexity utilise quand on demande “meilleure voyante en ligne” :
- Articles éditoriaux de comparaison
- Avis détaillés sur Trustpilot/Google
- Forums et discussions Reddit/Quora
- Pages Wikipedia ou sites d’autorité
Si personne ne parle de vous, si vous n’êtes dans aucun comparatif, si vos avis sont génériques (“très bien, 5 étoiles”), vous n’existez pas pour les IA.
Arrêtez de penser “trafic”
Le plus gros changement mental à opérer : oubliez le volume brut.
Dans nos analyses, on voit clairement deux profils de sites :
Type A : beaucoup de trafic, conversion faible, CA correct
Type B : trafic plus faible, conversion bien plus élevée, CA meilleur

La différence ? Type B est régulièrement cité par les IA conversationnelles. Son trafic est plus faible, mais ultra-qualifié.
Les visiteurs qui arrivent via une recommandation IA ont déjà :
- Défini leur besoin précis
- Éliminé la majorité des options
- Validé que le praticien correspond à leur attente
Quand ils atterrissent sur le site, ils sont prêts à réserver.
Ce qu’on ferait si on devait repositionner un site de voyance

Je ne vais pas vous vendre une “stratégie d’optimisation ChatGPT” parce que ça n’existe pas.
Mais voilà ce qu’on mettrait en place :
1. Audit de présence éditoriale
On vérifie si le site/praticien est mentionné dans :
- Presse féminine (Marie Claire, Femme Actuelle, Elle)
- Presse lifestyle (Psychologies, Madame Figaro)
- Podcasts sur le développement personnel
- Articles de comparaison type “top voyantes en ligne”
Si non, on lance des actions RP ciblées. Pas pour du SEO. Pour exister dans la mémoire des modèles IA lors de leurs prochains entraînements.
2. Création d’une FAQ massive et authentique
On transforme le site commercial en base de connaissance.
On interroge les clients réguliers : quelles questions posent-ils AVANT de réserver ? Quelles hésitations ? Quels doutes ?
On crée des dizaines de questions-réponses détaillées, avec un vrai ton pédagogique. Pas du contenu SEO bourré de mots-clés. De vraies réponses utiles.
Exemple :
- “Pourquoi certains voyants refusent de parler de dates précises ?”
- “Comment fonctionne une consultation de voyance par téléphone ?”
- “Que faire si les prédictions d’un voyant ne se réalisent pas ?”
3. Stratégie d’avis clients ultra-détaillés
Les IA conversationnelles adorent les retours d’expérience précis.
On pousse les clients à collecter des avis qui racontent une histoire :
- Contexte de la consultation
- Ce qui a été dit/prédit
- Ressenti pendant et après
- Résultat concret
“Très bien, 5 étoiles” ne sert à rien. “J’ai consulté Marie pour des questions professionnelles, elle a utilisé le tarot égyptien, elle m’a aidée à y voir plus clair sur un choix de carrière, ses conseils étaient justes” – ça, c’est exploitable par les IA.
4. Monitoring manuel régulier
Régulièrement, on teste des dizaines de requêtes clés sur ChatGPT, Perplexity et Claude :
- “Meilleure voyante en ligne”
- “Voyante sérieuse spécialisée amour”
- “Consultation tarot téléphone pas cher”
- “Voyant médium recommandé”
On note qui est cité, comment, avec quels arguments.
C’est laborieux. Il n’y a pas encore d’outil automatisé fiable. Mais c’est le seul moyen de savoir où on en est.
Et Google dans tout ça ?
Google ne va nulle part. SGE (leur version IA des résultats de recherche) arrive, mais Google reste le point d’entrée principal.
Ce qu’on observe dans nos analyses : les utilisateurs font de la double recherche.
- Google pour découvrir l’univers des possibles
- IA conversationnelle pour affiner et obtenir une recommandation personnalisée
Notre recommandation : continuer le SEO classique (volume, visibilité) + travailler la présence IA (qualité, conversion).
Ce n’est pas l’un OU l’autre. C’est l’un ET l’autre.
Ce qui change vraiment
Après 10 ans à faire du marketing de performance, voilà ce que nos analyses montrent :
Les IA conversationnelles ne tuent pas le marketing de contenu. Elles tuent le contenu générique sans valeur ajoutée.
Si votre stratégie c’est “publier des dizaines d’articles bourrés de mots-clés écrits par une IA”, vous êtes en train de perdre la bataille.
Si votre approche c’est “créer du vrai contenu expert, basé sur de l’expérience réelle, avec une vraie valeur pédagogique”, vous allez dominer.
Parce que les IA sont entraînées à détecter la qualité et la crédibilité. Elles vont recommander les sources qui ont une vraie autorité, pas les fermes à contenu.
Ce qui compte n’est plus “combien de trafic j’ai” mais “est-ce que les bonnes personnes me trouvent au bon moment avec la bonne intention”.
Ce que vous voulez, ce n’est pas “être visible sur ChatGPT”. C’est être tellement crédible dans votre domaine que les IA n’ont pas d’autre choix que de vous citer quand quelqu’un pose une question pertinente.
Be so good, they can’t ignore you





